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samedi 12 avril 2008

Biopouvoir

L’homme occidental apprend peu à peu ce que c’est d’être une espèce vivante dans un monde vivant, d’avoir un corps, des conditions d’existence, des probabilités de vie, une santé individuelle et collective, des forces qu’on peut modifier... (Michel Foucault)

Le biopouvoir est un type de pouvoir qui s'exerce sur la vie : la vie des corps et celle de la population. Selon Foucault, l'exercice de ce pouvoir constitue un gouvernement des hommes ; avant de s'exercer à travers les ministères de l'État, il aurait pris racine dans le gouvernement des âmes exercé par les ministres de l'Église.

Les sujets du pouvoir exercé par les pasteurs de l'Église apprenaient à se considérer comme des brebis conduites par un berger. Le berger exerçait un pouvoir sur un troupeau de brebis, qu'il avait pour mission de sauver, plutôt que sur la population de corps de l'État-nation. Mais le fonctionnement de cette manière de pouvoir, proprement gouvernementale, restera la même, à travers l'Église ou l'État moderne : il est à la fois globalisant (le troupeau, la population) et individualisant (la brebis, le corps).

Avec la Réforme, dès lors que naît la raison d'État et que plusieurs souverains chrétiens se déconnectent radicalement de l'Église (surtout en Allemagne et en Angleterre), le biopouvoir s'imbriquera, toujours selon Foucault, à l'exercice du pouvoir souverain.

Dans cette version politique, étatique, le biopouvoir prendra en charge la vie, non plus des âmes, mais des hommes, avec d'un côté le corps (pour le discipliner) et d'un côté la population (pour la contrôler).

L'élément commun au corps et à la population, c'est la norme. La norme statistique. C'est elle qui fera en sorte que ce biopouvoir s'exercera, de manière rationnelle, à la fois sur un ensemble statistique (une collectivité) et sur un individu/un particulier.

Sommaire

* 1 Biopolitique
* 2 Notes et références
* 3 Voir aussi
o 3.1 Liens internes
o 3.2 Liens externes

Biopolitique

Le biopouvoir, dans sa version politique, s'exercera d'abord via la prise en compte des êtres humains en tant qu'espèces vivantes. Puis via leur milieu de vie, leur milieu d'existence. Des épidemies de peste, par exemple, ont été liées à des problèmes de marécages. Tout une hygiène publique s'est mise en œuvre.

Les effets de la ville sur la natalité, la mortalité, la vieillesse de la population ont été analysés. Avec l'industrialisation la vieillesse, les accidents de travail et les infirmités de guerre posent le problème de l'individu qui tombe hors du champ de capacité au travail. Des mécanismes d'assurance et d'épargne viseront à résoudre ce problème. Seront crées des caisses d'épargne et d'assurance collectives, des institutions médicales, des caisses de secours, des assurances-santé.

L'industrialisation et la médecine publique ont suscité une véritable explosion démographique. Par conséquent, des mécanismes visant à régulariser le mouvement des peuples se sont développés. Des mécanismes statistiques.

Biopolitique

Biopolitique est un néologisme formé par Michel Foucault pour identifier une forme d'exercice du pouvoir qui porte, non plus sur les territoires mais sur la vie des gens, sur des populations, le biopouvoir.

Il a été repris et développé depuis par Giorgio Agamben.

Sommaire

* 1 Biopolitique et discipline
o 1.1 L'intégration du vivant dans la politique
+ 1.1.1 Lèpre et exclusion
+ 1.1.2 Peste et surveillance
o 1.2 « Les mailles du pouvoir »
o 1.3 « Naissance de la biopolitique »
* 2 Voir aussi
* 3 Liens externes

Biopolitique et discipline

L'intégration du vivant dans la politique


La « biopolitique » naît publiquement à Rio de Janeiro en octobre 1974, lors d'une série de cours sur « La médecine sociale ». Certains de ces cours ont été publiés et se trouvent dans les Dits et écrits :

* Michel Foucault, « La naissance de la médecine sociale », p. 207-228, in Dits et écrits, t. 2, Paris, Gallimard, 2001.

* Michel Foucault, « L'incorporation de l'hôpital dans la technologie moderne », p. 508-521, in Dits et écrits, t. 2, Paris, Gallimard, 2001.

Michel Foucault recourt à un modèle, le différentiel de traitement des épidémies de lèpre et de peste, qui sera repris au Collège de France (le 15 janvier 1975), et qui se retrouve dans Surveiller et punir (inaugurant le chapitre « Le panoptisme »), publié au début de l'année 1975. À trois reprises en quelques mois, Foucault use de la même figure, à chaque fois différemment. Une constante toutefois : il y voit l'illustration du passage d'un type de pouvoir à un autre. À chaque fois, il relève que ce nouveau type de pouvoir prend en compte et s'exerce sur le corps et sur la vie, à la différence du plus ancien qui s'appliquait, selon le modèle juridique, sur les sujets.

Dans l'attention à la vie de la population tel qu'il est mis en évidence dans la quarantaine, Foucault voit les débuts de ce qu'il va appeler la biopolitique. Il s'agit de la prise en compte progressive, par le pouvoir, de la vie de la population. Cela ne veut pas dire simplement un groupe humain nombreux, mais des êtres vivants traversés, commandés, régis par des processus, des lois biologiques. Une population a un taux de natalité, une pyramide des âges, une morbidité, elle peut périr ou bien au contraire se développer (Michel Foucault, « Les mailles du pouvoir », dans Dits et écrits, t. 2, Paris, Gallimard, 2001, p. 1012). C'est une application à optimiser la force collective. Et c'est ainsi que l'on peut lire le dispositif de la quarantaine : maximaliser la vie de la population. De cette prise en compte de la population, de nouveaux types de problèmes vont se poser comme ceux de l'habitat, des conditions de vie dans une ville, de l'hygiène publique, de la modification du rapport entre natalité et mortalité.

Foucault va tantôt mettre l'accent sur la prise en compte de la vie, et développer la genèse de la biopolitique, tantôt souligner la surveillance individualisante, et mettra en avant l'émergence du pouvoir disciplinaire.

La biopolitique serait pour Michel Foucault, l'action concertée de la puissance commune sur l'ensemble des sujets, en tant qu'êtres vivants, sur la vie de la population, considérée comme une richesse de la puissance commune, devant être l'objet d'attention en vue de la faire croître et d'en accroître la vitalité.

Lèpre et exclusion

Au Moyen Âge, la lèpre se soigne par l'exclusion du lépreux. Considérée comme un châtiment de Dieu, la maladie inspire une véritable terreur. Au cours d'une cérémonie, la separatio leprosorum, le lépreux est déclaré mort civilement et exclu de la communauté. Dans certains diocèses, il assiste même, dissimulé, au simulacre de sa propre inhumation avant de rejoindre la léproserie. Cette exclusion, géographique, civile, de la communauté physique lui assure son inclusion, culturelle et divine. « Le pécheur qui abandonne le lépreux à sa porte lui ouvre le salut » (Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique, Paris, Gallimard, 1976, p. 16.).

Le lépreux part habiter l'espace qu'occupe la léproserie dans la géographie physique et sociale : aux portes de la ville. Au bord des villes, non pas à l'intérieur mais non plus exactement en dehors de l'espace social et humain. De même que son exclusion de l'ordre humain ouvre au lépreux l'inclusion sotériologique, la léproserie insiste, dans sa visibilité marginale, à rappeler en permanence cette séparation et cette malédiction divine, la puissance du divin.

La topographie qui met en rapport dialectique la ville et la léproserie répète la topologie de la relation du lépreux et de la communauté. Soit une séparation nette : la communauté d'un côté et de l'autre, sans contact, mais en rapport, la masse indistincte de ceux qui en ont été rejetés : les lépreux.

Séparation, division binaire signent le souverain.

Peste et surveillance

Lorsque la peste se déclarait dans une ville, une série de mesures était donnée qu'il fallait suivre, « sous peine de la vie » (Michel Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975, p. 197.) qui visait à mettre la population sous la plus étroite surveillance possible. La ville et ses alentours étaient fermés (dans sa lecture, Foucault ne va pas tellement insister sur ce point), avec interdiction d'en sortir. Le territoire mis en quarantaine était partagé en districts, les districts étaient partagés en quartiers, puis dans ces quartiers on isolait les rues, et il y avait dans chaque rue des surveillants, dans chaque quartier des inspecteurs, dans chaque district des responsables de district et dans la ville elle-même soit un gouverneur nommé à cet effet, soit encore les échevins qui avaient reçu, au moment de la peste, un supplément de pouvoir (Michel Foucault, Les anormaux, Paris, Seuil/Gallimard, 1999, p. 42).

Les animaux errants étaient tués. Chaque habitant devait se faire recenser. Une fois le recensement et le partage du territoire achevés, chacun devait s'enfermer chez soi, toutes les clefs étaient rassemblées. Plus personne n'avait le droit de sortir et de circuler dans la ville. Un dispositif était prévu pour l'alimentation (réserves faites, système d'approvisionnement par paniers et poulies pour les denrées périssables).

Ville immobilisée. Dans ce territoire isolé, à cette population paralysée dans la quarantaine, on appliquait des mesures de surveillance quadrillée.

« Plus personne ne pouvait circuler, à l'exception des inspecteurs, des soldats, des intendants et des « corbeaux » : des misérables devant porter les malades, enterrer les morts, nettoyer les lieux infectés, etc. dont la mort ne comptait pas. »

Quotidiennement, les inspecteurs passaient devant chacune des maisons dont ils avaient la charge et chaque habitant devait se présenter à une fenêtre (si possible, une fenêtre spécifique pour chacun). Les présents étaient notés. Si quelqu'un ne se présentait pas à la fenêtre, c'est qu'il était malade, ou bien mort. Les inspecteurs avaient également pour tâche de surveiller que personne ne sortît et de noter tous les événements, toutes les réclamations, toutes les remarques. Chaque jour, ils transmettaient au chef de district l'ensemble des informations relevées.

Vérification permanente de la vitalité de chacun dans la communauté figée. Émergence de la relation pouvoir/savoir.

La population est captée par le pouvoir politique qui cherche à en surveiller et à en maîtriser la santé. On note les morts, les malades, les événements de toute sorte. La ville est immobilisée et la population soumise à un enregistrement continu de son état. Chacun est surveillé, contrôlé, en permanence. La finalité de cette situation, c'est de maintenir la population à son maximum de vie. Dans le même temps, ce qui est différent, l'espace social, au niveau le plus fin des individus, est contrôlé en permanence.

« Les mailles du pouvoir »

En 1976, à Salvador de Bahia, Michel Foucault reprend l'analyse du fonctionnement réel du pouvoir à l'aide des catégories de biopolitique et de discipline (ou anatomo-politique) qu'il avait commencé deux ans plus tôt à Rio de Janeiro.

Au regard des intérêts du capitalisme, le vieux « système de pouvoir » souverain présentait deux grands défauts.

* « ...le pouvoir politique, tel qu'il s'exerçait dans le corps social, était un pouvoir très discontinu », trop de choses lui échappaient (la plupart des choses en réalité : des activités de contrebande, des délits, etc.) : les mailles étaient trop grandes. D'où une première préoccupation : réduire la taille de celles-ci. Comment « ...passer d'un pouvoir lacunaire, global, à un pouvoir continu, atomique et individualisant : que chacun, que chaque individu en lui-même, dans son corps, dans ses gestes, puisse être contrôlé, à la place des contrôles globaux et de masse » ?

* « Le second grand inconvénient des mécanismes de pouvoir, tels qu'ils fonctionnaient dans la monarchie, est qu'ils étaient excessivement onéreux. » Le pouvoir « ...était essentiellement pouvoir de prélèvement » : essentiellement percepteur et prédateur. Dans cette mesure, il opérait toujours une soustraction économique et, par conséquent, loin de favoriser et de stimuler le flux économique, il était perpétuellement son obstacle et son frein. D'où cette seconde préoccupation : « trouver un mécanisme de pouvoir tel que, en même temps qu'il contrôle les choses et les personnes jusqu'au moindre détail, il ne soit pas onéreux ni essentiellement prédateur pour la société, qu'il s'exerce dans le sens du processus économique lui-même » (Michel Foucault, « Les mailles du pouvoir », op. cit., p. 1001-1020).

C'est à ces deux préoccupations que vont commencer de répondre les dispositifs disciplinaires et biopolitiques. Le dispositif de la quarantaine peut être compris comme une des premières tentatives de contrôle fin au niveau individuel. L'inconvénient étant son fort coût et l'arrêt de toute activité économique, paralysie de la ville. Comment alors concilier ce dispositif, parfait du point de vue de la surveillance individualisée, avec l'activité économique ? La réponse sera trouvée dans la mise en place des institutions disciplinaires qui, en opérant des sortes de quarantaines partielles mais de longue durée, distribueront, répartiront les dispositifs de contrôle, permettant la poursuite et même l'amélioration de l'activité économique. Les différentes institutions disciplinaires se raccordent par des réseaux de communication. Réseau de systèmes durs de contrôle.

La direction que prend le pouvoir, qui correspond au passage d'un pouvoir monarchique à un pouvoir bourgeois, est : contrôler le plus finement possible, le plus économiquement possible, plus vite aussi, de façon à favoriser le développement économique.

Les sociétés disciplinaires auraient atteint leur apogée au début du XXe siècle et un autre type de société serait en train de leur succéder, que Gilles Deleuze, en affirmant suivre Michel Foucault, nomme vers la fin de sa vie les « sociétés de contrôle ».

« Naissance de la biopolitique »

Ces différentes intuitions sont reprises et formalisées dans le cours prononcé au Collège de France, qui n'a été publié qu'en 2004 : Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Cours au collège de France 1978-1979, Hautes études, Gallimard-Seuil, 2004

samedi 29 mars 2008

Foucault dit

Dits et Ecrits, 1974
« Prisons et asiles dans le mécanisme du pouvoir. » Entretien en Italie

M. D'Eramo: ...D’une certaine façon, vos livres se créent un public aux frontières de tous ces domaines, un public à part, « à la Foucault ». Aussi, à qui vous adressez-vous?

MF: Comme tous ceux qui écrivent, je suis un malade du langage. Ma maladie personnelle, c’est que je ne sais pas me servir du langage pour communiquer. De plus, je n’ai ni le talent ni le génie nécessaires pour fabriquer des oeuvres d’art avec ce que j’écris. Alors je fabrique --- j’allais dire des machines, mais ce serait trop à la Deleuze --- des instruments, des ustensiles, des armes. Je voudrais que mes livres soient une sorte de tool-box dans lequel les autre puissent aller fouiller pour y trouver un outil avec lequel ils pourraient faire ce que bon leur semble, dans leur domaine. ....

Les Mots et les Choses, au fond, est un livre qui est beaucoup lu, mais peu compris. Il s’addressait aux historiens des sciences et aux scientifiques, c’était un livre pour deux mille personnes. Il a été lu par beaucoup plus de gens, tant pis. Mais, à certains scientifiques comme Jacob, le biologiste pris Nobel, il a servi. Jacob a écrit La Logique du vivant; il y avait des chapitres sur l’histoire de la biologie, sur le fonctionnement du discours biologique, sur la pratique biologique, et il m’a dit qu’il s’est servi de mon livre. Le petit volume que je voudrais écrire sur les systèmes disciplinaires, j'aimerais qu'il puisse servir à un éducateur, à un gardien, à un magistrat, à un objecteur de conscience. Je n’écris pas pour un public, j’écris pour des utilisateurs, non pas pour des lecteurs.

           Dits et Ecrits I, 1954-1975. p.1392-1393 (Gallimard, 2001)

Les Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines

Les Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines est un essai écrit par Michel Foucault publié aux éditions Gallimard en 1966.

Foucault semble avoir tout d'abord privilégié le titre de L'Ordre des choses, avant de le changer pour satisfaire son éditeur, Pierre Nora.

Le livre s'ouvre sur une description et une discussion détaillées du tableau Les Ménines de Diego Vélazquez et de l'arrangement complexe de ses lignes de plan et de ses effets cachés. Y est ensuite développée l'idée maîtresse de l'ouvrage, à savoir que toutes les périodes de l'histoire sont caractérisées par l'existence d'un certain nombre de conditions de vérité qui encadrent ce qui est possible et acceptable, à l'instar par exemple du discours scientifique.

Foucault défend la thèse que ces conditions du discours changent au cours du temps, selon des césures parfois relatives, parfois brutales, de la conception du monde (qu'il appelle épistémè, mot dont l'étymologie est la même que celle d'épistémologie) d'une période à l'autre.

Pour le passage de l'âge classique (XVIIe siècle) au XXe siècle, il identifie quelques penseurs qui ont été déterminants dans la mise en place de l'« épistémè » moderne, dont, par ordre chronologique :

* la Logique de Port-Royal (publiée en 1662), travaux sur la logique, la grammaire, la syntaxe, auxquels ont participé Descartes et Pascal,
* Adam Smith (Richesse des nations)
* Destutt de Tracy (vers 1800).

Michel Foucault pense que nous sommes entrés, depuis la Seconde Guerre mondiale, dans un nouvel épistémè, qu'il appelle hypermodernité, et que l'on peut assimiler à[réf. nécessaire] la mondialisation.

Les Mots et les Choses donnèrent presque immédiatement à Michel Foucault un statut d'intellectuel prééminent. Un article de Jean-Paul Sartre à cette même époque attaque Foucault en le désignant comme « le dernier rempart de la bourgeoisie ». est un essai écrit par Michel Foucault publié aux éditions Gallimard en 1966.

Foucault semble avoir tout d'abord privilégié le titre de L'Ordre des choses, avant de le changer pour satisfaire son éditeur, Pierre Nora.

Le livre s'ouvre sur une description et une discussion détaillées du tableau Les Ménines de Diego Vélazquez et de l'arrangement complexe de ses lignes de plan et de ses effets cachés. Y est ensuite développée l'idée maîtresse de l'ouvrage, à savoir que toutes les périodes de l'histoire sont caractérisées par l'existence d'un certain nombre de conditions de vérité qui encadrent ce qui est possible et acceptable, à l'instar par exemple du discours scientifique.

Foucault défend la thèse que ces conditions du discours changent au cours du temps, selon des césures parfois relatives, parfois brutales, de la conception du monde (qu'il appelle épistémè, mot dont l'étymologie est la même que celle d'épistémologie) d'une période à l'autre.

Pour le passage de l'âge classique (XVIIe siècle) au XXe siècle, il identifie quelques penseurs qui ont été déterminants dans la mise en place de l'« épistémè » moderne, dont, par ordre chronologique :

* la Logique de Port-Royal (publiée en 1662), travaux sur la logique, la grammaire, la syntaxe, auxquels ont participé Descartes et Pascal,
* Adam Smith (Richesse des nations)
* Destutt de Tracy (vers 1800).

Michel Foucault pense que nous sommes entrés, depuis la Seconde Guerre mondiale, dans un nouvel épistémè, qu'il appelle hypermodernité, et que l'on peut assimiler à[réf. nécessaire] la mondialisation.

Les Mots et les Choses donnèrent presque immédiatement à Michel Foucault un statut d'intellectuel prééminent. Un article de Jean-Paul Sartre à cette même époque attaque Foucault en le désignant comme « le dernier rempart de la bourgeoisie ».

mercredi 26 mars 2008

Naissance de la clinique

Résumé

Dans Naissance de la clinique, Michel Foucault fait le projet de déterminer comment un nouveau type de regard sur l'homme a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle. Son objet est la clinique, c'est-à-dire la médecine moderne, mais la mutation qui a lieu au sein de cette discipline est révélatrice du bouleversement du champ de la connaissance qui s'amorce alors. Il s'attache donc à mettre en évidence « les conditions de possibilité de l'expérience médicale telle que l'époque moderne l'a connue », procède à une fouille méthodique dans cette entreprise qui se veut « archéologique ». L'étude patiente des évolutions que connaît la médecine va lui permettre de mettre en évidence les changements que connaissent les structures de perception du réel et de l'homme à la fin du XVIIIe et au début du XIXe.


Sommaire

1. La médecine des espèces
2. La médecine des épidémies
3. Naissance de la clinique
  (1) Nouvelle perception du symptôme et du signe
  (2) Raisonnement probabiliste
4. L'anatomie pathologique
  (1) Mise en évidence du tissu
  (2) La maladie comme déviation intérieure de la vie

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Histoire de l'hôpital

L’hôpital du Ve au XVe siècle : œuvre de charité


Les origines

Durant l'Antiquité, l'hospitalité est conçu comme un devoir individuel ; ainsi, il n'y a pas à proprement parler d'établissement de soins médicaux, mais on remarque cependant la présence de certains lieux, comme le Prytanée, le temple d'Asclépios ou encore les infirmeries militaires romaines, destinés à accueillir les malades. Le soin prodigué est malgré tout plus spirituel que médical.

C'est uniquement avec le Code de Justinien établi en 529 que l’hôpital devînt une institution : on y trouve une administration ainsi que des lois qui réglementent son fonctionnement.

La finalité religieuse

Au Moyen Âge, la vocation de l'hôpital se trouve étroitement liée à celle de la religion et de l'Église. Ainsi, l'hôpital adopte des consignes similaires à celles de la religion du Christ : accueil des humbles, miséricorde envers les affligés… puis par la suite, l'idéal de pauvreté s'ajoute à celui de la charité.

L'assisté est un pénitent, et sa souffrance, soulagée par la compassion, est une occasion de rachat (Saint-Augustin).

Ainsi, à partir du XIe siècle, la charité hospitalière devient une des formes concrète de la spiritualité, laïque et cléricale.

L'hôpital appartient au patrimoine ecclésiastique, ainsi, il est placé sous l'autorité de l'évêque et les ressources financières des hôpitaux proviennent uniquement de la charité individuelle. L'hôpital ressemble beaucoup à une église : on voit se créer de nouveaux ordres spécialisés (Ordre du Saint Esprit, de Saint Jean de Jérusalem…) et son architecture est très largement inspirée des monuments religieux.

L'hôpital n'est pas encore un lieu de soins médicaux. On en trouve d'ailleurs dans presque tous les villages de France.

Suite au développement des villes, l'hôpital doit aussi évoluer ; on voit se créer de nouvelles formes d’assistance : les Hôtel-Dieu : Paris, Marseille, Lyon…

Le problème des épidémies


Au Moyen Âge, avec les croisades et la (re)decouverte de l'Orient, apparaissent les grandes épidémies en Europe : Peste noire, lèpre… et l'hôpital n'est pas adapté pour accueillir les malades, les soigner (très relatif) et endiguer la propagation de l'épidémie.

Les solutions apportées furent dans un premier temps, l'isolement des malades chez eux, puis la fuite des biens-portants. Mais, ce système à ses limites, c'est pourquoi, très rapidement, a été mis en place en France l'isolement institutionnalisé des malades par la création des léproseries, des maladreries et des lazarets maritimes

L’hôpital au XVIIe ‑ XVIIIe siècle : œuvre de bienfaisance


La compassion morale


À la fin de la Renaissance, la notion de pauvreté quitte la sphère théologique pour devenir un problème politique, en effet, l’hôpital-charité accueille à tout-va : mendiants, exclus… au point de devenir un refuge pour les sans logis, fonction qu'elle n'avait pas au départ. De plus, des abus et des désordres financiers viennent ternir la vocation ecclésiastique de l’hôpital. Ce qui par exemple entraina en 1505 la transmission des pouvoirs administratifs de l'Hôtel-Dieu de Paris, jusqu'alors confié aux moines, à huit bourgeois parisiens.

Au XVIe siècle, l'hôpital continue d'accueillir les passants et les mendiants, mais on commence à restreindre leurs entrées au profit des malades curables.

La solution administrative


* 1656 : création de l'hôpital-général de Paris
* 1662 : création par édit d'un hôpital-général dans chaque grande ville française, l'hôpital a pour fonction de "loger, enfermer, nourrir les pauvres mendiants et invalides et les former à la piété et à la religion chrétienne".

Cet enfermement devient la doctrine officiel au XVIIIe siècle, on assigne à l'hôpital trois objectifs :

* faire régner l'ordre
* exercer la charité
* avoir une utilité sociale

Il s'agit principalement de moraliser les pauvres et de les remettre au travail, mais ces objectifs restèrent une utopie, car dans les faits, l'application de cette théorie de l'enfermement reste limitée et celui de la répression n'a jamais été atteint.

L’hôpital dans la tourmente révolutionnaire

L'hôpital d'après la Révolution française

La Révolution consacre la nationalisation des hôpitaux qui se concrétise sous la Convention par un décret du 23 Messidor de l'an II (11 juillet 1794).

Mais les effets escomptés ne sont pas au rendez-vous de la mainmise étatique. En effet, malgré les grands principes développés par les Constitutions de 1791 et de 1793, le nombre de pauvres ne cesse de croître et l'État ne peut faire face à l'augmentation exponentielle des dépenses hospitalières.

Échaudés par cette désastreuse nationalisation, les pouvoirs publics se désengagent de la gestion des hôpitaux qui sont dès lors municipalisés par la loi du 16 Vendémiaire de l'an V (7 octobre 1796) qui dispose que « les administrations municipales auront la surveillance immédiate des hospices civils dans leur arrondissement ». Telle est l'origine historique d'une tutelle très étroite entre l'hôpital et la commune dont les retentissements sont aujourd'hui encore très vivaces. Deux siècles plus tard, le maire est toujours le président du conseil d'administration de l'hôpital.

La médicalisation qui se met en place à la fin du XVIIIe siècle engendre nombre de conflits avec le personnel religieux mais va progressivement faire apparaître l'établissement de soins que nous connaissons. Les progrès considérables de la médecine (Pasteur découvre l'asepsie en 1860 et Lister l'antisepsie en 1863), ouvrent peu à peu l'hôpital aux malades payants.

L’hôpital de 1794 à 1940 : naissance de la clinique


* La loi du 30 Juin 1838 :

La loi du 30 Juin 1838 confirme la gestion aux corporations religieuses les quelques asiles d’aliénés, qu’elles avaient créés quelques années auparavant : naissance ainsi de la première externalisation du service public post-révolutionnaire.

* 1851 : Création des établissements publics communaux. Son rôle était social et d’utilité publique.

* 1° guerre mondiale : Création des lois sociales, assurances sociales. La sécurité sociale (2e guerre mondiale).
Les progrès de la science transforment un lieu d'hébergement en centre de soins actifs et diversifiés.

* Les années 40 : La fin de l’hôpital hospice.

Le paradigme anatomo-clinique


Le XIXe siècle est aussi marqué par le retour a l'étude du corps humain : le médecin « ose » toucher le corps des malades, ose même les palper et cherche à guérir le patient. On appellera ce processus : le paradigme anatomo-clinique car les traités de Galien sont complètement remis en cause : la médecine repose désormais sur le triptyque :

1. Études approfondies du corps humain,
2. Expériences de traitements
3. Guérir la pathologie (et non pas seulement la traiter)

Voir les articles :

* Xavier Bichat (1771-1802) Anatomie générale
* René Laennec (1781-1826) inventeur du « pectoriloque » ou stéthoscope.

Voir la catégorie :

* Catégorie:Médecin du XIXe siècle

La clinique : instruire et guérir

L'hôpital devient un lieu important de transmission du savoir car pour exercer la médecine, la fonction se dote de diplômes qui sont uniquement obtenus auprès d'enseignants universitaires qualifiés et reconnus par leur pairs. Il faut rappeler qu'auparavant aucun diplôme n'était requis pour pratiquer la science médicale, d'où la présence récurrente de charlatans.

Dès lors, on va distinguer au cours du XIXe siècle, les officiers de Santé et les médecins qui doivent passer un doctorat pour exercer.

L’hôpital depuis 1941 : centre de traitement et de recherche


* Loi du 21 décembre 1941 :

L’hôpital devient un lieu de soins accessible à tous ; ainsi que la fonction de direction publique. :(Intervention des pouvoirs publics). Rémunération du corps médical.

* Décret du 17 avril 1943 :

L’hôpital a une vocation sanitaire.

* 1945 :

Instauration du prix de journée.
Les hôpitaux sont financés en fonction de leur production en nombre de journées d’hospitalisation :

- un "tout compris" pour un service donné, couvre l'ensemble des dépenses de fonctionnement (sauf :les honoraires médicaux).
- un "prix moyen" ne traduit pas le coût réel du malade hospitalisé car les honoraires médicaux en :particulier n'y figurent pas et qu’il ne tient pas compte de l'intensité des soins.

Dispositif d’encadrement mis en place à la fin des années 70 : « instauration des taux directeurs ».

* Décembre 1958 :

La « réforme Debré » crée les Centres hospitalo-universitaires (CHU), lieux de recherche réunissant praticiens et universitaires. L’hôpital, secteur économique en pleine croissance, devient alors un pôle d’excellence médicale.
Institution des plein-temps hospitaliers pour les médecins, entrée dans la médecine de haute qualité.
Droit au secteur privé pour les praticiens (activité Libérale).
Affirmation de la fonction "médicale" des hôpitaux.
Classification hiérarchisée des hôpitaux.

* Loi du 31 décembre 1970 :

Naissance du Service public hospitalier (SPH) (droit public).
Secteur privé hospitalier (droit privé).

* Loi du 31 Juillet 1991 :

- participation des établissements de santé privés à but non lucratif
- concession de service public offerte aux établissements de santé privés tant à but non lucratif que lucratif.

Le système hospitalier français a connu de profondes mutations jusqu’à l’annonce du plan Hôpital 2007.

Conception d'un nouvel hôpital

L’évolution de l’hôpital s’est effectuée très rapidement, 20 années seulement séparent la fin de «l’hôpital hospice», en 1941, de «l’hôpital excellence», mis en place par la loi Debré. Cette modernisation a été si importante et si rapide que l’on qualifie souvent cette époque « d’hospitalo-centrisme ». Cet élan a été ralenti par la nécessité de contrôler la progression des dépenses de santé et la mise en place de politiques d’encadrement de la dépense.

Surveiller et punir

Sous-titré Naissance de la prison, Surveiller et punir est un ouvrage majeur de Michel Foucault paru aux éditions Gallimard en 1975.

La disparition des exécutions publiques

L'essai étudie l'apparition historique de la prison sous sa forme moderne en commençant par constater la disparition de l'application en public de la peine de mort au profit d'exécutions cachées par le secret des murs. Selon l'auteur, cette évolution est révélatrice d'une révolution de la façon selon laquelle le pouvoir se manifeste au peuple.

En effet, le supplice était l’élément central dans la manifestation de la vérité de la culpabilité du condamné. L'essai s'ouvre ainsi en introduction sur le supplice de Damiens. Le caractère public du supplice, la symbolique des condamnations (poing coupé des parricides, langue percée des blasphémateurs) permettait la démonstration du pouvoir royal face au crime, qui en plus de sa victime immédiate, attaquait le souverain dans son pouvoir de faire les lois(crimen majestatis).

Mais, alors que le monarque absolu ne concevait son autorité que visible et terriblement effrayante pour les tiers assistant à son affirmation, le pouvoir moderne préfère entretenir un mystère inquiétant quant aux peines qu'il exécute. Il découvre que le peuple n'a pas besoin d'assister au châtiment des siens pour s'en tenir à ce qu'il souhaite qu'il s'en tienne. De plus ce peuple peut s'avérer dangereux quand il soutient le châtié et dans l'aspect carnaval des exécutions publiques.

Ceux qui ne respectent pas la loi ne se voient plus condamnés à une sanction physique qui restera sur leur corps comme un témoignage offert au vu et au su de tous. Ils ne sont plus non plus condamnés à une réparation directe de leurs fautes en plein jour. Les peines ont dorénavant une visée correctrice. La publicité de la peine ne vise plus tant à montrer la souffrance mais plutôt à réaffirmer l'actualité de la Loi. Il y eut un modèle réformateur et un modèle carcéral (dont l'objectif était plus de dresser les corps que de réinsérer l'individu). C'est le second qui l'a emporté.

« Le châtiment est passé d’un art des sensations insupportables à une économie des droits suspendus »

Le surgissement d'un regard culpabilisateur


Désormais, les hors-la-loi sont simplement privés de leur liberté. Cela ne signifie pas pour autant un confinement des coupables dans des oubliettes ou au fond de quelque bagne. C'est plutôt le pouvoir qui disparaît derrière une architecture carcérale nouvelle capable de contraindre les captifs sans que le geôlier et l'autorité qu'il incarne n'aient à se manifester directement par quelque coup de fouet ou autres.

Rêve de Jeremy Bentham, le panoptique s'impose. Les prisons sont désormais construites selon des plans circulaires permettant au surveillant situé dans une tour centrale d'observer sans jamais être vu, les silhouettes des détenus se détachant à contre-jour sur des fenêtres extérieures via d'autres fenêtres donnant sur une cour intérieure.

Cette architecture permet éventuellement de se passer complètement de surveillant, le seul sentiment d'être observé étant susceptible d'obtenir des captifs une forme d'obéissance. Ainsi, en plus de n'être pas coûteux d'un point de vue économique, la prison moderne est d'abord une entreprise de culpabilisation travaillant les consciences individuelles à travers un regard tout-puissant.

Le contrôle à distance des trafics et de la délinquance


La prison moderne est également un monde comptable. Il produit des chiffres et construit des tableaux dans lesquels les cellules sont tout autant des cases quadrillées tracées sur le papier que des pièces dans lesquelles sont visibles les prisonniers. Les parois les séparant les unes des autres sont suffisamment solides pour que cessent tous ces petits trafics qui hier rendaient impossible le contrôle strict des coupables sanctionnés.

La mise en place de ce système carcéral a plusieurs conséquences. La première, c'est l'apparition de la délinquance, forme de criminalité moderne préférable à l'ancienne en ce sens qu'elle est le fait d'individus déjà connus, fichés et travaillés par l'autorité et donc peu susceptibles d'une récidive beaucoup plus grave.

Mais aussi, ce dispositif rend perceptible un renversement essentiel : alors qu'à travers le supplice il s'agissait pour le pouvoir d'être visible du plus grand nombre, avec le panoptisme la problématique s'inverse. Comment faire en sorte que le plus grand nombre soit visible du plus petit nombre. Foucault introduit ainsi à une problématique autour de la police et d'un quadrillage de la population sur le modèle de la surveillance au temps du choléra. Le mal social est conçu sur le modèle de l'épidémie.

Le panoptisme et le redressement des morales

Le succès de ce système aidant, la seconde conséquence de sa mise en place est son adoption par d'autres institutions que la seule prison, à commencer par l'atelier, où quelques contremaîtres suffisent désormais à contrôler des centaines de travailleurs : ils déambulent à présent dans des allées rectilignes d'où ils dominent les employés assis à une table individuelle et tous visibles de loin. On retrouve également des méthodes carcérales dans les écoles, les pensionnats ou les casernes, où les lits sont peu à peu alignés, les emplois du temps plus stricts, l'exercice et la répétition valorisés.

Le redressement des corps humains auquel ces institutions procèdent chacune à sa façon conduit selon Michel Foucault au redressement des morales, chacun devenant son propre censeur une fois qu'il y a été corrigé par un concours d'organismes, tout au long de sa vie.

Par un fort maillage social, avec au centre la prison, ce n'est plus le souverain qui est isolé, mais bien l'individu.

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Discipline and Punish: The Birth of the Prison
is a book written by the philosopher Michel Foucault. Originally published in 1975 in France under the title Surveiller et punir: Naissance de la prison, it was translated into English in 1977. It is an examination of the social and theoretical mechanisms behind the massive changes that occurred in western penal systems during the modern age. It focuses on historical documents from France, but the issues it examines are relevant to every modern western society. It is considered a seminal work, and has influenced many theorists and artists.

The book's translated name, some argue, does not fully represent the meaning conveyed in the French title. Surveiller is not discipline, but surveillance (French for "watching over"). One could argue that the slight change in name is not important, but considering that one of Foucault's main topics of discussion is "theaters of punishment" or "theatrical forum" it could be said that the difference between discipline and surveillance is anything but unimportant. However, according to translator Alan Sheridan in the translator's note in his 1977 translation, Foucault himself suggested Discipline and Punish.

Foucault challenges the commonly accepted idea that the prison became the consistent form of punishment due to humanitarian concerns of reformists, although he does not deny those. He does so by meticulously tracing out the shifts in culture that led to the prison's dominance, focusing on the body and questions of power. Prison is a form used by the "disciplines", a new technological power, which can also be found, according to Foucault, in schools, hospitals, military barracks, etc. The main ideas of Discipline and Punish can be grouped according to its four parts: torture, punishment, discipline and prison.

Torture

Foucault begins the book by contrasting two forms of penalty: the violent and chaotic public torture of Robert-François Damiens who was convicted of regicide in late 18th century, and the highly regimented daily schedule for inmates from an early 19th century prison. These examples provide a picture of just how profound the change in western penal systems were after less than a century. Foucault wants the reader to consider what led to these changes. How did western culture shift so radically?

To answer this question he begins by examining public torture itself. He argues that the public spectacle of torture was a theatrical forum which served several intended and unintended purposes for society. The intended purposes were:

* Reflecting the violence of the original crime onto the convict's body for all to see.
* Enacting the revenge upon the convict's body which the sovereign seeks for having been injured by the crime. Foucault argues that the law was considered an extension of the sovereign's body, and so the revenge must take the form of harming the convict's body.

Some unintended consequences were:

* Providing a forum for the convict's body to become a locus of sympathy and admiration.
* Creating a site of conflict between the masses and the sovereign at the convict's body. Foucault notes that public executions often led to riots in support of the prisoner.

Thus, he argues, the public execution was ultimately an ineffective use of the body, qualified as non-economical. As well, it was applied non-uniformly and haphazardly. Hence, its political cost was too high. It was the antithesis of the more modern concerns of the state: order and generalization.

Punishment

The switch to prison was not immediate. There was a more graded change, though it ran its course rapidly. Prison was preceded by a different form of public spectacle. The theatre of public torture gave way to public chain gangs. Punishment became "gentle", though not for humanitarian reasons, Foucault suggests. He argues that reformists were unhappy with the unpredictable, unevenly distributed nature of the violence which the sovereign would focus on the body of the convict. The sovereign's right to punish was so disproportionate that it was ineffective and uncontrolled. Reformists felt that the power to punish and judge should become more evenly distributed, the state's power must be a form of public power. This, according to Foucault, was of more concern to reformists than humanitarian arguments.

Out of this movement towards generalized punishment, a thousand "mini-theatres" of punishment would have been created wherein the convicts' bodies would have been put on display in a more ubiquitous, controlled, and effective spectacle. Prisoners would have been forced to do work which reflected their crime, thus repaying society for their infractions. This would have allowed the public to see the convicts' bodies enacting their punishment, and thus to reflect on the crime. But these experiments lasted less than twenty years.

Foucault argues that this theory of "gentle" punishment represented the first step away from the excessive force of the sovereign, and towards more generalized and controlled means of punishment. But, he suggests that the shift towards prison which followed was the result of a new "technology" and ontology for the body being developed in the 18th century, the "technology" of discipline, and the ontology of "man as machine".

Discipline

The emergence of prison as the form of punishment for every crime grew out of the development of discipline in the 18th and 19th centuries, according to Foucault. He looks at the development of highly refined forms of discipline, of discipline concerned with the smallest and most precise aspects of a person's body. Discipline, he suggests, developed a new economy and politics for bodies. Modern institutions required that bodies must be individuated according to their tasks, as well as for training, observation, and control. Therefore, he argues, discipline created a whole new form of individuality for bodies, which enabled them to perform their duty within the new forms of economic, political, and military organizations emerging in the modern age and continuing to today.

The individuality discipline constructs for the bodies it controls has four characteristics, namely it makes individuality which is:

* cellular - determining the spatial distribution of the bodies
* organic - ensuring that the activities required of the bodies are "natural" for them
* genetic - controlling the evolution over time of the activities of the bodies
* combinatory - allowing for the combination of the force of many bodies into a single massive force

Foucault suggests that this individuality can be implemented in systems that are officially egalitarian, but which utilize discipline to construct non-egalitarian power relations:

Historically, the process by which the bourgeoisie became in the course of the eighteenth century the politically dominant class was masked by the establishment of an explicit, coded and formally egalitarian juridical framework, made possible by the organization of a parliamentary, representative regime. But the development and generalization of disciplinary mechanisms constituted the other, dark side of these processes. The general juridical form that guaranteed a system of rights that were egalitarian in principle was supported by these tiny, everyday, physical mechanisms, by all those systems of micro-power that are essentially non-egalitarian and asymmetrical that we call the disciplines. (p.222)

Foucault's argument is that discipline creates "docile bodies", ideal for the new economics, politics and warfare of the modern industrial age - bodies which function in factories, ordered military regiments, and school classrooms. But, to construct docile bodies the disciplinary institutions must be able to a) constantly observe and record the bodies they control, b) ensure the internalization of the disciplinary individuality within the bodies being controlled. That is, discipline must come about without excessive force through careful observation, and molding of the bodies into the correct form through this observation. This requires a particular form of institution, which Foucault argues, was exemplified by Jeremy Bentham's Panopticon.

The Panopticon was the ultimate realization of a modern disciplinary institution. It allowed for constant observation characterized by an "unequal gaze"; the constant possibility of observation. Perhaps the most important feature of the panopticon was that it was specifically designed so that the prisoner could never be sure whether s/he was being observed or not. The unequal gaze caused the internalization of disciplinary individuality, and the docile body required of its inmates. This means one is less likely to break rules or laws if they believe they are being watched, even if they are not. Thus, prison, and specifically those which follow the model of the Panopticon, provide the ideal form of modern punishment. Foucault argues that this is why the generalized, "gentle" punishment of public work gangs gave way to the prison. It was the ideal modernization of punishment, so its eventual dominance was natural.

Having laid out the emergence of the prison as the dominant form of punishment, Foucault devotes the rest of the book to examining its precise form and function in our society, to lay bare the reasons for its continued use, and question the assumed results of its use.

Prison

In examining the construction of the prison as the central means of criminal punishment, Foucault builds a case for the idea that prison became part of a larger “carceral system” which has become an all-encompassing sovereign institution in modern society. Prison is one part of a vast network, including schools, military institutions, hospitals, and factories, which build a panoptic society for its members. This system creates “…disciplinary careers…” (Discipline and Punish, p. 300) for those locked within its corridors. It is operated under the scientific authority of medicine, psychology, and criminology. As well, it operates according to principles which ensure that it “…cannot fail to produce delinquents.” (Discipline and Punish, p. 266) Delinquency, indeed, is produced when social petty crime (such as taking wood in the lord's lands) is no longer tolerated, creating a class of specialized "delinquents" which acts as the police's proxy in surveillance of society.

The structures which Foucault chooses to use as his starting positions help to highlight his conclusions. In particular, his choice of the penal institution at Mettray, near Tours, is perfect as a prison which helps to personify the carceral system. Within it is included the Prison, the School, the Church, and the work-house (industry), all of which feature heavily in his argument. The prisons at Neufchatel, Mettray, and Mettray Netherlands were perfect examples for Foucault, because they even in their original state began to show the traits which Foucault was searching for. They showed the body of knowledge being developed about the prisoners, the creation of the 'delinquent' class, and the disciplinary careers emerging.[1]

Foucault -- Histoire de la folie à l'âge classique

Thèse de doctorat et premier ouvrage important de Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique (titre original : Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique), écrit en Suède, est publié en 1961. Foucault y étudie les développements de l'idée de folie à travers l'Histoire.

Première partie

Chapitre I - Stultiferas navis
Chapitre II - Le grand renfermement
Chapitre III - Le monde correctionnaire
Chapitre IV - Expériences de la folie
Chapitre V - Les insensés

Deuxième partie

Introduction
Chapitre I - Le fou au jardin des espèces
Chapitre II - La transcendance du délire
Chapitre III - Figures de la folie
Chapitre IV - Médecins et malades

Troisième partie

Introduction
Chapitre I - La grande peur
Chapitre II - Le nouveau partage
Chapitre III - Du bon usage de la liberté
Chapitre IV - Naissance de l'asile
Chapitre V - Le cercle anthropologique

Idées principales

Une exclusion en remplace une autre

Foucault commence par une analyse au Moyen Âge, notant notamment comment les lépreux furent parqués hors de la société des vivants. Il y eu, peut-être jusqu'à 19000 léproseries, cette précision se basant sur Matthieu Paris, au moins 2000 vers 1266 . Cette question amène en effet à se demander que deviendront les léproseries, une fois la lèpre disparue : « (...) ces structures resteront. Dans les mêmes lieux souvent les jeux de l'exclusion se retrouveront, étrangement semblables deux ou trois siècles plus tard ».

À partir de là il trace une histoire de l'idée de maladie mentale au XVe siècle, et de l'intérêt accru pour l'emprisonnement au XVIIe siècle en France. Un repère est donné : c'est la fondation par un décret , en 1656, d'un hôpital général, qui servira de lieu d'internement pour des fous, mais aussi des pauvres, des criminels. Le lieu sera à la fois vecteur de répression et de charité. Toutes ces "confusions" posent donc question.

L'internement des fous, hérétiques, criminels et libertins

Bientôt cependant (Première partie, chapitre III) des précisions sont données. Il y eut bien des lieux réservés aux seuls fous : l'Hôtel-Dieu accueillera seulement des aliénés, Bétlhéem à Londres n'accueillera que des lunatiques, bien que par ailleurs les "fous", les furieux soient mélangés, confondus avec d'autres internés, jusqu'en prison [1].

Il s'agit alors de questionner la différence entre ces deux lieux. Quand, seuls des fous sont internés, il s'agit bien d'une volonté médicale, ce qui n'est pas le cas ailleurs. De plus, Foucault suggère que la confusion que nous percevons dans l'internement est une vision qui n'est pas "juste", puisqu'elle porte sur l'âge classique un regard actuel, et qu'il s'agit donc bien plus de comprendre, non une erreur de l'âge classique, mais bien une expérience homogène de l'exclusion, des signes positifs, une conscience positive.

Allant plus loin, Foucault remarque que les asiles réservés aux fous ne sont pas nouveaux à l'âge classique. La nouveauté qu'apporte cette période, ce sont bien les lieux qui mélangent fous et autres, charité et répression. En effet, Foucault précise l'existence d'hôpitaux réservés aux fous : à Fez au VIIe siècle, à Bagdad au XIIe siècle, puis au Caire au siècle suivant..

Maladie de l'âme

Enfin, la folie aurait été reconnue comme une maladie de l'âme même, puis avec Freud, comme une maladie mentale.

Foucault accorde une grande attention à la façon dont le statut de fou passa de celui d'un être occupant une place acceptée, sinon reconnue, dans l'ordre social, à celui d'un exclu, enfermé et confiné entre quatre murs.

Foucault étudie les différentes manières et tentatives de traitement des fous, et plus particulièrement les travaux de Philippe Pinel et Samuel Tuke. Foucault présente clairement les traitements appliqués par ces deux hommes comme non moins autoritaires que ceux de leurs prédécesseurs. Ainsi l'asile et les méthodes de Tuke n'auraient principalement consistées qu'en la punition des individus reconnus comme fous jusqu'à ce qu'ils apprennent à agir normalement, les forçant effectivement à se comporter à la manière d'êtres parfaitement soumis et conformes aux règles admises. De façon similaire, le traitement des fous par Pinel semble n'avoir été qu'une version étendue de la thérapie par l'aversion, y incluant des traitements tels que la douche glacée et l'utilisation des camisoles de force. Pour Foucault, ce type de traitements ne revient qu'à brutaliser le patient à répétition jusqu'à ce que celui-ci intègre la structure du jugement et de la punition.

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Madness and Civilization: A History of Insanity in the Age of Reason, by Michel Foucault, is an examination of the ideas, practices, institutions, art and literature relating to madness in Western history. It is the abridged English edition of Histoire de la folie à l'âge classique, originally published in 1961 under the title Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique. A full translation titled The History of Madness was published by Routledge in June 2006.[1] This was Foucault's first major book, written while he was the Director of the Maison de France in Sweden.

Foucault begins his history in the Middle Ages, noting the social and physical exclusion of lepers. He argues that with the gradual disappearance of leprosy, madness came to occupy this excluded position. The ship of fools in the 15th century is a literary version of one such exclusionary practice, the practice of sending mad people away in ships. However, during the Renaissance, madness was regarded as an all-abundant phenomenon because humans could not come close to the Reason of God. As Cervantes' Don Quixote, all humans are weak to desires and dissimulation. Therefore, the insane, understood as those who had come too close to God's Reason, were accepted in the middle of society. It is not before the 17th century, in a movement which Foucault famously describes as the Great Confinement, that "unreasonable" members of the population systematically were locked away and institutionalised. In the 18th century, madness came to be seen as the obverse of Reason, that is, as having lost what made them human and become animal-like and therefore treated as such. It is not before 19th century that madness was regarded as a mental illness that should be cured, e.g. Philippe Pinel, Freud. Others authors later argued that the large increase in confinement did not happen in 17th but in the 19th century[2], somewhat undermining Foucault's argument.

Foucault also argues that madness during the Renaissance had the power to signify the limits of social order and to point to a deeper truth. This was silenced by the Reason of the Enlightenment. He also examines the rise of modern scientific and "humanitarian" treatments of the insane, notably at the hands of Philippe Pinel and Samuel Tuke. He claims that these modern treatments were in fact no less controlling than previous methods. Tuke's country retreat for the mad consisted of punishing them until they gave up their commitment to madness. Similarly, Pinel's treatment of the mad amounted to an extended aversion therapy, including such treatments as freezing showers and the use of straitjackets. In Foucault's view, this treatment amounted to repeated brutality until the pattern of judgment and punishment was internalized by the patient.

Impact

Although Madness and Civilization has widely been read as a criticism of psychiatry, and often quoted in the anti-psychiatric movement, Foucault himself criticized, especially in retrospective, the "Romanticism of Madness", which tended to see madness as a form of genius which modern medicine represses. He did not contest the reality of psychiatric disorders, as some of his readers have concluded. Rather, he explored how "madness" could be constituted as an object of knowledge on the one hand, and, on the other hand, as the target of intervention for a specific type of power: the disciplinary institution of the asylum [3].